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      Le temps : c'est la clé !

      Ce qu’on est en train d’essayer ici, ce n’est pas juste une lubie.
      On explore un nouveau paradigme.

      Pour sortir de la logique morbide du profit, il faut penser autrement.
      Il faut s’organiser collectivement, certes, ça c’est incontournable.

      Mais ce besoin d’organisation ne doit pas éteindre la spontanéité.
      Je m’explique.

      Il se passe quelque chose de très spécial quand on écarte l’exploitation du travail.
      Au départ plus qu’une simple intuition, j’avais compris que c’était le problème central de notre monde.
      Ce n’est que plus tard que j’ai appris que c’était en fait le problème de notre mode de production.

      Mais il faut le vivre pour le découvrir. Il faut le rendre possible.
      C’est tout le rapport au temps qui se renverse.
      Tout à coup, on n’est plus pressés. On regarde à gauche, à droite : il n’est pas là.
      On a l’habitude de sentir sa présence derrière notre épaule, son souffle angoissant dans notre cou.
      Le rendement. Cette bébite insatiable, goule des banques, du fisc et des gestionnaires de fonds.

      Commencez tranquillement à penser en-dehors de la petite boîte du rendement.
      Votre esprit s’ouvrira à un tout autre univers. Un monde parallèle. Vaste et beau.
      Où cette angoisse omniprésente n’a tout simplement plus sa place.

      Évidemment, on va avoir besoin d’une solide organisation si on veut passer de l’autre côté.
      Et c’est là que je voulais en venir.
      La capacité d’organisation n’est pas le monopole du système.
      C’est une qualité intrinsèque à l’humain.

      Il en va de même de l’ingénuité, de la créativité, de tout ce qui a de la valeur en ce monde.
      C’est à nous, tout ça. Pas à eux. C’est notre fibre même. C’est 100% humain.

      Il faut donc se faire confiance, collectivement : on est parfaitement capables de s’organiser.
      Il faut aussi éviter le piège malicieux de l’angoisse organisationnelle.
      Trop organiser, trop paramétrer.
      Et risquer ce faisant d’étouffer la spontanéité humaine : la source vibrante de toute valeur vivante.

      Et la clé, c’est justement le temps.

      Ça vient de me flasher, comme une évidence.
      M’en allais faire un truc pour @fringuetheorie : documenter ce que je viens de trouver pour pouvoir insérer des beaux graphiques de pointes de tartes interactifs dans une page web.
      Et là, je suis fourré : où je met ça ? Pour le compte de qui je suis en train de travailler ?

      Et tout d’un coup, me voilà pris à me gratter la tête sur la manière d’organiser ça.
      Où j’enregistre mes notes ? Est-ce que je crée un ticket ? Sur quel kanban ?

      Voici mon conseil (d’abord à moi-même) : ne t’embête pas trop avec ça.
      Ne laisse pas ces considérations t’empêcher d’avancer.
      Suis ton instinct. Suis ton élan.
      L’esprit n’est pas une contrainte. C’est un élan.

      Réponds à ces questions :
      Est-ce que ce que je fais fait du sens ?
      Est-ce que c’est potentiellement utile ?
      Est-ce que ce sera éventuellement utile à plusieurs personnes ?

      Oui ? Parfait.
      Dans ce cas, un seul paramètre est vraiment essentiel.
      Compte ton temps.

      C’est tout !
      Date et heure. Nom du projet. Tâche sur laquelle tu t’actives. Temps imparti.

      C’est toute l’information dont on aura besoin quand le moment viendra de convertir notre projet collectif en initiative constituée. Et on a besoin de ça — le temps que chacun y a déjà investi — pour que cela soit fait de manière respectueuse et équitable pour tout le monde qui a mis la main à la pâte.

      Pas de chicane, pas de frustrations inutiles. Juste la reconnaissance de l’apport réellement utile de chacun.

      Et c’est important de le faire.
      De un : parce que demain, dans trois jours, dans une semaine, tu ne te rappelleras plus avoir consacré ce temps au projet.
      Et de deux : parce qu’en général, quand on est passionné par ce qu’on fait… on ne voit tout simplement pas le temps passer !

      Or, c’est précisément ce temps — le tiens — qui constitue la base de toute valeur.
      Donc, au risque de me répéter. Rien n’est plus important pour la suite, si on veut réussir à créer des formes d’organisation sociales capables de résister à la logique mortifère de l’ancien paradigme.

      Le temps, c’est la clé.
      Sois passionné(e). Sois vivant(e). Sois spontané(e).
      Et compte ton temps.

      Le reste, lui aussi, viendra spontanément.

      Pufcorn et Stefan
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